The Wrestler, film poignant et humain

the wrestler

Mon film préféré de 2014, rien que ça. Il date de 2009, c’est vrai, mais je ne l’ai vu que dernièrement. Je suis conquis.

Pourtant ça partait plutôt mal, j’avais un à priori négatif sur l’acteur principal, le sujet (les combats de catch) n’était franchement pas attrayant, le synopsis du film peu engageant (la vie d’une vieux catcheur) et les premières séquences en mode ‘documentaire’ avec un grain très voyant et tremblotantes n’arrangent rien.

Il n’y avait que le racoleur ‘nomination pour les Oscras’ qui avait attiré mon attention sur ce film, et un vague souvenir d’une critique fort élogieuse de celui-ci dans un podcast ciné il y a quelques années. Et je n’ai pas regretté d’être influençable.

L’acteur principal (Mickey Rourke) est tout simplement parfait dans son rôle et à quasiment aucun moment on n’a l’impression de le voir jouer la comédie. On y croit à sa vie de catcheur en déshérence. Et c’est toute une Amérique qu’on redécouvre avec lui, le pays de la précarité, des doubles emplois pour louer un mobile home, le royaume de l’apparence de la réussite.
Il y a l’histoire de cet homme qui n’a jamais vécu que sur l’image, dont le métier est de paraitre beau, musclé, quel que soit son âge et se prendre des coups (les combats sont d’un réalisme parfait, montrant à la fois le côté ‘spectacle’ du catch mais aussi les dégâts réels pour ses participants, dû entre autre aux nombreux chocs qui, même s’ils sont simulés, mettent le corps réellement à l’épreuve).
L’ingéniosité du réalisateur est de montrer tous les endroits où ça fait mal mais de continuer son histoire quand même, parce que dans la vraie vie on ne s’arrête jamais non plus pour un gros plan ou un ralentit. Et de nous montrer un homme comme nous, qui fait de son mieux pour s’en sortir, qui a fait des choix, parfois bons, parfois mauvais, et qui assume ou qui tente de corriger ce qu’il peut.

Et c’est à mon avis la grande force de ce film, qui est loin de la vulgarité de son packaging, même si certaines scènes sont clairement déconseillées aux plus jeunes (violence réaliste d’un combat de catch qui sera le tournant du film, ou scènes dans des bars à escortes aussi fades et vulgaires que les vrais). En nous montrant un homme qui n’est pas un héros ou un looser mais juste quelqu’un qui vieillit j’ai été touché par ce film (ok, crise de la quarantaine doit jouer aussi Sourire ). La grande force de ce film est donc de nous offrir un miroir mais aussi de la matière pour notre réflexion sur nos choix de vie, accompagné d’une petite visite d’un milieu assez peu vue de l’intérieur et finalement très en accord avec le plus grand mal de notre société (l’obligation de jeunesse éternelle de notre monde capitaliste individualiste).

Je conseille donc vivement.

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